Château de silence

 

Je me repère sur le silence. Je tends la perche à un hasard indécis qui s’assied sur le bord et balance les jambes en chantonnant. Il s’agit d’interpréter le vol des corbeaux qui survolent la ville en échangeant des informations codées. Du haut de la plus haute tour, je regarde le fleuve s’écouler, séculaire, charriant encore des blocs de glace, des branches cassées et des fleurs de Bach. Dans le monastère voisin, les sœurs s’évertuent à psalmodier, construisant de leurs voix grinçantes un fragile édifice de certitudes. Debout dans l’embrasure de la porte, je serre ses montants avec force, je la maintiens en place contre la pulsation aggravée du tremblement de terre. Je cherche longuement ma longue-vue, dans l’espoir que le nuage bien scruté m’apprendra quelque chose du sort futur des girafes.

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