Angoisse dans la forêt

(Attention, spoiler !)
« Tom (8 ans) et son grand frère Benjamin (12 ans) partent en Suède retrouver leur père (divorcé) pour les vacances d’été. Tom appréhende les retrouvailles avec cet homme étrange et solitaire. Le père, lui, semble convaincu que Tom a le don de voir des choses que les autres ne voient pas. Quand il leur propose d’aller vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac, les enfants sont ravis. Mais l’endroit est très isolé, au milieu d’une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour… » (Résumé Allociné)
Tel est le point de départ du film de Gilles Marchand Dans la forêt. Je ne suis pas spécialement trouillarde (sauf pour certaines choses que je ne vais certainement pas révéler ici), mais ce film a suscité chez moi une angoisse intense – après avoir bien réfléchi, je trouve en effet que le terme d’angoisse convient mieux que celui de peur. L’efficacité du dispositif mis en œuvre par le cinéaste tient beaucoup au cadre, cette forêt scandinave immense et sauvage, et je suis particulièrement intéressée par l’usage qui est fait de la forêt dans la fiction (cf. Dans la forêt des livres). Mais cette fois je n’ai pas pu considérer les choses d’un point de vue purement intellectuel.
L’angoisse (et la compassion) que l’on ressent pour le personnage de Tom viennent de ce cadre, et aussi du fait que le père (dont on ne connaîtra point les motivations) se montre tout aussi inquiétant, encourageant Tom à se sentir différent des autres, doté de pouvoirs quasi surnaturels, le soumettant à des épreuves pénibles. A mesure que la narration avance, l’inquiétude progresse, surtout lorsque le frère aîné (qui représente le pôle réaliste, « normal », etc.) s’échappe et que Tom reste seul avec son père (un père que ne sourit jamais).
Peut-être ce sentiment d’intense angoisse serait-il encore plus fort si on ne voyait jamais le personnage qui inspire la terreur du petit garçon, un homme défiguré qui lui apparaît parfois et qu’il prend pour le Diable en personne. Mais son apparition permet au réalisateur une scène stupéfiante. Le père de Tom lui ordonne de convoquer, en quelque sorte, ce Diable auquel il attribue son propre malaise (et notamment son incapacité à dormir). Bien que terrifié, Tom s’exécute. Lorsque l’homme défiguré apparaît, on ne voit plus le père et Tom, après avoir hésité, se rapproche de l’homme qui le prend par la main, puis le charge sur ses épaules. L’homme marche ensuite à travers la forêt, jusqu’à ce que Tom s’endorme, appuyé sur lui. L’homme lui montre une sorte de tendresse (en même temps effrayante) que son père n’a jamais manifestée.
On est proche de la fin qui sera un happy end, Tom endormi dans les broussailles est retrouvé par des bûcherons et il rejoindra sa mère et son frère. Mais l’angoisse, elle, persiste…

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