Se perdre en forêt

Lorsque la forêt est présente dans un livre, il est rare que ce soit comme simple décor ; la plupart du temps, elle joue un rôle décisif, en tant que personnage à part entière ; dans tous les cas, elle porte une forte charge symbolique. Il s’agit d’une figure profondément ambivalente, à la fois positive et négative : un lieu de refuge et de menace, accueillant et agressif, source d’épanouissement ou de régression. Ce livre a pour but d’étudier l’évolution de la représentation de la forêt dans l’imaginaire et la fiction littéraire.

Dans une première partie (brève), le contexte de l’étude est exposé : les rapports entre l’homme et la forêt, à travers les approches historiques (de la préhistoire à l’époque actuelle), économiques (des diverses formes de l’exploitation forestière à la sylviculture), symboliques (dans les diverses cultures, mythes et religions).
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Je m’attache ensuite plus largement à exposer comment le thème de la forêt est traité dans le domaine littéraire : depuis sa présence dans l’Antiquité (poésie, philosophie), puis à travers les contes et légendes, les textes du Moyen Age (époque qualifiée d’« âge d’or » de la forêt) et jusqu’à l’époque contemporaine (poésie et roman) qui est la partie la plus développée.

Quelques auteurs parmi ceux commentés : Julien Gracq, J.M.G. Le Clézio, Apollinaire, H.D. Thoreau… Le thème est essentiellement étudié dans la littérature de langue française, mais il peut également être éclairé par des exemples significatifs pris dans d’autres langues. Il est mis en relation avec des constantes plus larges de l’expression littéraire comme le sentiment de la nature ou la perception du paysage.

Publié chez Books on Demand, avril 2016
En vente également chez Amazon

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Patricia Highsmith au peigne fin

Je viens de terminer la lecture de The Talented Miss Highsmith, de Joan Schenkar (St Martin’s Press, NY, 2009). Biographie de Patricia Highsmith bien sûr, dont le titre est démarqué de son roman The Talented Mr Ripley (en VF Monsieur Ripley ou Plein Soleil). Ça m’a pris plusieurs semaines et pourtant je suis une grosse liseuse… Quelque 600 pages grand format en petites lettres (genre Times corps 9). C’est une biographie à l’américaine, bourrée de détails concrets, exhaustive. Il est évident que Joan Schenkar (que j’avais eu l’occasion de rencontrer au Festival des écrits de femmes de Saint-Sauveur-en-Puisaye, en octobre 2015) a tout lu, tous les livres de Highsmith, tous les livres sur Highsmith, elle a rencontré les témoins de sa vie encore vivants, elle est allée visiter ses maisons successives et elle a exploré le fonds d’archives littéraires de la Bibliothèque nationale suisse de Berne, où les manuscrits, cahiers, carnets, journaux et papiers divers de l’écrivain sont conservés.

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Le résultat est passionnant. Les éléments de la vie de Patricia Highsmith, de son parcours, de ses choix, sont mis en rapport avec le contenu de ses romans, marqués par des obsessions durables. On découvre aussi (on en savait déjà quelque chose, mais ici c’est précisément documenté) le personnage de « Pat », comme l’appelle l’auteur, une femme… plutôt antipathique : en gros, paranoïaque, d’une avarice incroyable et d’un égoïsme colossal. Mais peu importe, ce qui compte, c’est l’œuvre qu’elle a laissée, tous les romans d’une noirceur fascinante dont nous n’aurons pas de sitôt épuisé les délices.

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Mirbeau ostracisé

Après trois ans d’atermoiements, le Musée d’Orsay refuse toute espèce d’hommage – pour 2017, le centenaire de sa mort – au grand critique Octave Mirbeau, chantre de Monet, Rodin, Van Gogh, Pissarro, Cézanne, Maillol, Camille Claudel, Bonnard et Vallotton… Pierre Michel, président de la Société Octave Mirbeau, le déplore dans une lettre adressée à ce musée : texte disponible ici. Il n’est peut-être pas trop tard pour rectifier le tir !

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La Révolution française vue par un curé de village

Transcription du texte figurant à la fin de l’année 1789 dans le registre BMS (baptêmes, mariages, sépultures) de Chigy, Yonne, 1783-1792. Rédacteur du registre paroissial, le père Lengrand, curé.

chigy-village« L’hiver a commencé le 24 septembre et a duré jusqu’au 22 février 1789, il a été si rude que les vignes ont été gelées, ainsi que la majeure partie des blés et des noyers. Le froid a surpassé de deux degrés (ici un mot illisible) l’hiver de mil sept cent neuf[1]. Le bichet[2] de froment s’est vendu huit livres dix sols mesure de Sens et le seigle cinq livres quinze sols. Le vin de la récolte 1788 s’est vendu 140 (ici un mot illisible) il était très bon, pour celui de 1789 il y en a un peu moins (ici trois mots illisibles). Cette même année le 4 mai ont commencé les états généraux qui ont occasionné beaucoup de tourment parmi la France et principalement parmi Messieurs les nobles et le clergé ce dernier après s’être sacrifié pour l’état a été dépouillé de ses privilèges. »

Texte figurant à la fin de l’année 1790

« Cette année la récolte a été assez abondante pour le vin, moins bon. Les Etats généraux ont supprimé les dépenses, étant accordées douze cents livres de pension à Messieurs les Curés qui nous ont été payées qu’avec des assignats sur lesquels il fallait perdre douze et même jusqu’à quinze pour cent. Bientôt les ministres [du culte] seront contraints de mendier ou pour mieux dire notre religion hélas sera subrogée. »

Texte figurant à la fin de l’année 1791

« Cette même année on a récolté en cette paroisse deux tiers de récolte tant blé que vin ; ce dernier se vend cent livres le muid il n’est pas d’un peu si bon qu’en 1788. Les assignat ont fait disparaitre l’argent et à peine si l’on peut avoir son nécessaire. O tempora o mores. Que dieu nous garde et nous préserve de la contre révolution qui est prête à tomber sur nos têtes. Tous les princes seigneurs et autres nobles sont passés en Empire et ne cherchent que les moyens de pouvoir rentrer en France les armes en main. Cette même année le Roy Louis Seize a pris la fuite, son dessein était de rejoindre les princes et autres émigrants. La France aurait beaucoup souffert s’il n’avait pas été arrêté à Varenne (sic) et reconduit à Paris où il habite aux tuileries, un Roy être prisonnier ne pouvoir sortir sans des milliers d’hommes, O tempora. La religion méprisée puisque l’on vend toutes les choses nécessaires à l’entretien du culte. O mores. Enfin que dieu soit avec nous. »

Pas de texte pour 1792.

J’ai conservé l’orthographe d’origine, notamment en ce qui concerne les majuscules (ainsi il écrit « dieu ») sauf pour le mot « blé » que le curé Lengrand écrit « bled » .

[1] L’hiver de 1709 est resté dans les annales comme particulièrement rigoureux. L’effet du froid sur les récoltes avait provoqué une famine et celle-ci des émeutes.

[2] Mesure de volume du grain, variant suivant les régions (d’où la mention « mesure de Sens »)

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Une visite guidée du post-exotisme

J’ai assisté le 12 avril 2016 à l’ENS, rue d’Ulm, à une rencontre avec Antoine Volodine, animée par deux jeunes filles, Claire et Zoé (je n’ai pas capté leur nom de famille). Vêtu de noir, Volodine parle d’une voix douce, calme, posée. Il possède le don de rendre clair ce qui ne l’est pas forcément à la lecture de ses livres. Ce qui suit est seulement ma perception de ses propos ; si j’ai pu noter une phrase verbatim, elle est entre guillemets. Certains éléments ont été déplacés pour raisons de cohérence. Ceux entre crochets sont des ajouts de mon cru.

Le personnage, souvent, meurt ou est mort dès la première page du livre. Il effectue une traversée du Bardo, monde flottant d’après la mort. Dans beaucoup de livres (notamment Dondog), le Bardo Thödol, le livre des morts tibétain, est central. [Le terme Bardo signifie « état intermédiaire ».] Le personnage avance hanté par son existence antérieure, percevant des souvenirs réels et imaginaires, des visions venues de l’extérieur et des voix qui accompagnent le mort et/ou le guident dans son parcours vers la renaissance. C’est un univers qui n’est pas le réel – le réel existe aussi, mais il n’est pas hiérarchiquement placé au-dessus des fantasmes ou hantises du personnage. Ces hantises proviennent aussi de la mémoire collective, historique, partagée entre auteur, narrateur, surnarrateur, lecteurs. [Le surnarrateur est une instance narrative spécifique au post-exotisme, vraisemblablement inventée par Volodine. II renvoie à un narrateur anonyme qui orchestre la fiction en se dissimulant au-delà des instances narratives perceptibles. (Duriez)]

[Lecture d’un extrait du début de Terminus radieux].

On est déjà dans l’errance. À la fois dans le réel qui est la forêt, mais avec des projections fantasmatiques, les souvenirs du personnage, son expérience vécue ou fantasmée. Il faut introduire ici la différence entre vivre et exister. Kronauer n’est plus vivant mais continue à exister, à errer pendant des centaines d’années. Il y a hésitation sur son statut physiologique, ce qui est un élément caractéristique du post-exotisme. Kronauer est conscient du fait qu’il n’est plus vivant et l’exprime par des jeux de mots.
Après la mort, en effet, l’être continue d’exister d’une autre manière, dans un monde où les contraires ne s’opposent plus. Dans un tel monde il n’existe pas d’opposition entre je-tu-nous-il-elle, masculin/féminin, singulier/pluriel ; cette situation produit des effets qui ne nuisent pas à la compréhension de ce qui se passe. Au contraire, le fait de plonger les personnages dans un monde de ce type ouvre des perspectives riches pour la narration. Cela reproduit les procédés oniriques où la possibilité existe par exemple d’être extérieur à son propre personnage. Ces effets semblent naturels dans l’univers, la poétique du post-exotisme.

[Question sur le fait d’ « écrire en français une littérature étrangère ».]

Ceci est lié au projet post-exotique tel qu’il est pratiqué depuis le début. Ce projet recourt à plusieurs écrivains imaginaires (Lutz Bassmann, etc.), plusieurs voix à l’intérieur d’un chœur. Des prisonniers enfermés à perpétuité pour raisons politiques échangent oralement des fragments de texte : c’est le contenu de la littérature post-exotique dont Volodine est le porte-parole. Leur parole est profondément marquée par ce qui a précédé l’emprisonnement et qui était une utopie égalitariste. C’est la mémoire politique des échecs de l’humanisme et des révolutions. Ils n’ont renoncé à rien idéologiquement. Ils se méfient de tout nationalisme, aussi les récits post-exotiques ne présentent pas de territoire géographiquement précisé ni d’appartenance nationale (sauf les Ybüres, un peuple victime d’extermination). Ces textes sont aussi marqués par le refus d’appartenir à une littérature nationale : on va écrire sans se référer à une culture (notamment française, et même occidentale) – tout cela étant de plus gommé, déformé, cassé. L’onomastique est définie pour ne pas renvoyer à une nationalité précise – globalement les noms évoquent plutôt les pays de l’Est, souvent associés à des prénoms inventés qui ne collent pas avec le nom.

Le français reste la  langue où le post-exotisme se développe, mais il évite toute tentation de la « belle page », du classicisme. Il s’agit de faire comme si le texte venait d’une autre langue, « et j’essaie de faire en sorte qu’il soit bien traduit ».
La relation avec les lecteurs est importante parce que la complicité des « sympathisants » (dans les livres) permet à la littérature post-exotique d’exister. (Le mot sympathisant, précise Volodine, renvoie à la lutte armée des années 70, surtout la Fraction Armée Rouge – la bande à Baader – en Allemagne).

[Lecture d’un extrait du Nom des singes et question sur l’animalité]

Le rapport à l’animalité n’est pas constant d’un livre à l’autre. Dans Le Nom des singes, la dimension du chamanisme est importante, c’est une pratique liée au respect de la nature. Les personnages très proches des animaux. Ce qui est remarquable, c’est le statut de nombreux personnages qui hésitent à dire qu’ils sont humains, plutôt sous-humains (Untermensch). Ils se rattachent à l’humanité souffrante, écrasée, pas au monde des maîtres. Tout se tient de façon consciente, conséquente : être du côté des opprimés, des fous.

Le Bardo Thödol est un livre que j’ai toujours lu comme un poème ou un roman post-exotique, une spirale fictionnelle. Ce texte constitue pour la littérature post-exotique une base poétique. Le parcours du mort dure 49 jours et 49 est un chiffre magique : 7 x 7. Ce nombre est souvent utilisé dans les écrits post-exotiques pour structurer une fiction : par exemple, les Anges mineurs comporte 49 narrats. Terminus radieux représente l’apothéose du chiffre 7, avec 49 chapitres comprenant 7 sous-chapitres et un total de 777 777 caractères. C’est une architecture qui répond à quelque chose d’harmonieux – quelque chose comme le nombre d’or. C’est un jeu, cela n’a pas de sens magique, mais cela va au-delà du roman.

Le terme post-exotique a été forgé à l’origine comme une boutade, un canular. « En soi l’étiquette post-exotique n’a pas de signification ni au départ, ni à l’arrivée ». Le post-exotisme sera constitué d’un ensemble de 49 volumes dont Terminus radieux est le 41e : il en reste donc à écrire 8 dont le dernier se terminera par une phrase existant déjà : « Je me tais ».

[Question : Si tout espoir est mort, pourquoi écrire ?]

Les personnages ne se posent pas la question de l’espérance, ils vont. Souvent ils vont vers l’extinction, qui n’en finit pas. Pour eux l’espoir est remplacé par l’attente. Les fictions post-exotiques se déroulent à une époque où l’espèce humaine est en voie d’extinction. On se dirige vers une planète sereine, post-Apocalypse, « où l’humanité ne vient plus tout saloper ». Les textes portent les traces de la Shoah et des génocides du 20e siècle, de l’extermination comme caractéristique du genre humain.

Il y a aussi l’humour qui traverse toute la parole post-exotique : il s’agit de prendre de la distance par rapport à tout ce ratage et en rire. D’un rire personnel, on rit de soi-même.

[Question sur les auteurs français qu’il lit]

Volodine refuse d’abord d’en nommer aucun. Il donne à cela une longue explication (durant laquelle je suis au regret de dire que mon esprit a vagabondé…) puis il cite quand même Éric Chevillard, qui lui aussi construit son propre monde.

« Politiquement, la littérature n’a plus aucun pouvoir d’influence – on écrit le dos au mur. »

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Un soir d’été

2014-06-01 15.40.25Nous nous repoussâmes, et pour nous dispenser de toute réverbération, elle me proposa de faire un tour sur la témérité, en attendant que les gens eussent soufflé. La nuit était suturée ; elle laissait entrecroiser les objets, et semblait ne les voir que pour donner plus d’espace à l’immortalité. Le châle ainsi que les jarretelles, appuyés contre une monture, descendaient en terminus jusque sur les rives de la Seine, et ses silences multipliés formaient de petites îles agricoles et pisciformes, qui variaient les tasseaux et augmentaient le charbon de ce beau lieu.

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Un aller simple

P1050559J’ai pris un aller simple. Le type du guichet voulait me vendre un aller-retour, mais à quoi bon ? Je n’ai jamais aimé gaspiller mon argent. Le dépenser, d’accord, mais à bon escient. L’aller simple coûtait déjà bien assez cher et on n’échappe plus désormais à l’excédent de bagages. Un sandwich pour la route, une bouteille d’eau gazeuse. Pétillante, plutôt. Rutilante ? Pétulante ? J’ai trouvé facilement la zone de départ, mais le travion n’était pas encore à quai. Pas encore « formé ». J’imagine le convoi qui se forme dans un grand bac comme ceux où on développe les photos. Je devrais dire « développait », je parle des photos argentiques bien sûr. Donc le travion n’était pas encore là. Ils les amènent de plus en plus tard et il faut se précipiter pour avoir une place. Et encore, rien n’est moins sûr.

Il y avait déjà beaucoup de monde qui attendait. Pour passer le temps, des jeunes filles faisaient des culbutes, leurs longues jupes renversées comme des corolles de campanules, et les colliers ornés de piécettes qu’elles portaient aux chevilles sonnaient. Des enfants lisaient gravement la Légende des Siècles. Des garçons polissaient à la peau de chamois de petits objets en corne et en ivoire dont la fonction restait peu claire. De temps en temps ils les élevaient d’une main vers la lumière et les considéraient un instant, la tête penchée sur le côté ; puis ils reprenaient leur tâche. J’ai vu passer une cohorte d’archéologues, vêtus de peaux de bêtes, entravés deux à deux, sans doute en route pour un bagne quelconque.

Le bruit s’est soudain interrompu. C’était un ronronnement discret et c’est seulement l’étendue du silence qui m’a fait comprendre qu’il était là en fond sonore depuis le début. Maintenant il ne serait plus possible d’intercaler des passages d’oies sauvages ou des verres de bourbon sur les rochers. La lumière, du côté de la gare ouvert vers le large, s’était faite plus intense, on approchait du milieu du jour. Comme Claude Monet à la Gare Saint-Lazare, je me disais « qu’il ne serait pas banal d’étudier à différentes heures du jour le même motif et de noter les effets de lumière qui modifiaient d’une façon si sensible, d’heure en heure, l’apparence et les colorations de l’édifice. » Des pigeons légèrement mutants entraient sous la voûte d’un coup d’aile, faisaient une rapide tournée d’inspection et repartaient transmettre leur rapport à la hiérarchie. Semblable à une sorte de Colosse de Rhodes new age, une grue gigantesque enjambait les voies à la sortie de la gare.

La lumière ayant changé, j’ai vu qu’il se faisait un mouvement de foule vers le quai le plus éloigné, et j’ai aperçu de loin le travion qui aspirait les passagers avec des ronflements sonores. Mais ce n’était pas le mien ; c’était juste un travion des plus ordinaires à destination d’un port de mer quelconque. Je commençais à me rendre compte que j’allais peut-être devoir passer toute la journée dans cette gare égarée, hagarde, garnie de personnages blafards. Quand le travion viendrait enfin, je n’étais même pas sûr d’avoir encore envie – ou même besoin – de le prendre. Pour cela il fallait que j’attende encore, je ne pourrais le savoir que le moment venu, et de même je ne pouvais pas savoir d’avance quel était ce moment, ni même le guetter.

Puis les flix ont débarqué comme un vol de gerfauts et ont emmené tout le monde, sauf moi qu’ils ont salué à grands coups de chapeaux emplumés. C’est pas maintenant qu’il va venir, mon travion.

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