Sonnet n°72

 

Je ne me souviens pas du jour de ma naissance
Il me semble évident qu’il était malheureux
Printemps précoce enfin ou hiver rigoureux
J’ai pris soin d’oublier le temps de mon enfance

Je me trouve content dans ma vaste ignorance
Je pourrais presque ainsi en tomber amoureux
Ce serait plus léger et bien moins douloureux
Je pourrais y trouver quelque lieu d’espérance

Mais tout cela, vois-tu, je n’y crois vraiment pas
Qu’importe le moment, on va vers le trépas
Fait-on de ce futur une attirante image

C’est pour mourir, c’est sûr, que tous nous sommes nés
Pas de quoi déplorer un sort infortuné
Mais retournons plutôt vers l’éternel ouvrage

 

 

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2 commentaires pour Sonnet n°72

  1. J’y entends une musique venue de très loin, et qui résonne très loin, et qui est celle de l’humaine condition… 

    • Elizabeth dit :

      Chère Isabelle, venant de vous/toi, ce commentaire me fait grand plaisir, sachant votre/ton niveau d’exigence quant à l’écriture ! Merci.

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